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Retour 14.02.2018

La technologie, vecteur d’interaction entre entraineur et sportif

Conférence TechnoArk - Patrick Flaction
Conférence TechnoArk

Chaque athlète a besoin d’un entraînement adapté à ses besoins. Avec sa start-up Elitment, Patrick Flaction a développé une application d’e-coaching qui permet de situer le sportif tout au long de son parcours et ainsi d'adapter son plan d'entrainement et d’analyser son évolution en temps réel.


Utiliser de la technologie dans un entraînement permet d’être plus efficace en diminuant la part du hasard. Ce que la machine va démontrer permet de valider les choix du coach, d’éviter les blessures et surtout de gagner du temps. Aujourd’hui, l’outillage d’un coach 2.0 a été divisé par 10 : la grosse caméra a été remplacée par un smartphone ou une tablette ainsi qu’un logiciel. « L’athlète quant à lui, doit simplement se munir d’une montre connectée ainsi que d’une application mobile », selon Patrick Flaction. Les avantages sont multiples pour le sportif : contact en temps réel avec le coach dans le monde entier sans présence physique, feedback immédiat, individualisation du plan d’entrainement en temps réel, meilleure gestion de l’effort.

 
Entraînement 2.0
L'entrainement 2.0 se déroule de la manière suivante : premièrement, il y a toute une phase d'analyse qui permet au coach de déterminer qui est le sportif, quel est son niveau et ses capacités musculaires. Ensuite, les objectifs sont fixés et un plan d'entrainement est mis en place. Chaque semaine, l'athlète reçoit un plan hebdomadaire des activités qu'il devra faire. Ainsi, il sait à l'avance quelle charge de travail lui est impartie et combien de temps cela lui prendra. 

Pour réaliser ses exercices, le sportif se rendra sur l'application mobile dédiée où il pourra regarder une mini vidéo détaillant le mouvement. Un système d'envoi de vidéo au coach est également mis en place. Ceci permet à l'athlète de montrer à son coach via vidéo la manière dont il fait le mouvement et ainsi le coach pourra lui faire les corrections nécessaires à distance.

Avant et après le week-end de compétition, une analyse de la fatigue est faite. Cela offre la possibilité de déterminer les insuffisances de récupération et ainsi d'adapter le programme pour la session suivante. Patrick Flaction utilise, entre autres, les traqueurs de mouvement Myotest, une start-up accompagnée  par la Fondation The Ark.

 

Quand homme et machine s’accordent
Lorsque les résultats générés par la machine et les analyses du coach sont mis en corrélation, cela permet de mettre en place un terrain de discussion pour créer un plan d'entrainement qui fait sens, pour le coach et pour l'athlète. « Ce ne sont plus des suppositions, mais des faits concrets sur lesquels le coach peut s’appuyer à l’aide de statistiques ». 
 
Potentiellement, un sportif peut devenir un champion au bout de 12 ans. Ce qui veut dire qu'en 12 ans, énormément de données peuvent être collectées pour sans cesse améliorer et adapter le plan d'entrainement de l'athlète. Le coach apprend de ces données d'année en année. Patrick Flaction a collecté des milliers de données depuis plusieurs années et sur plusieurs athlètes (dont Lara Gut). Grâce à toutes ces informations, il a pu créer des normes et de nouveaux entrainements plus adaptés, sans repartir de zéro.

 

Les inconvénients du e-coaching
Il existe cependant quelques risques avec la digitalisation du coaching sportif. L'entraineur doit impérativement continuer à exercer sa faculté d'observation directe et ne pas uniquement se baser sur les données liées à la machine. « Le feeling du coach reste très important », précise Patrick Flaction.

Celui-ci doit plutôt affiner ses estimations à l'aide des données et non collecter les informations et ensuite en tirer des conclusions. La confidentialité des données collectées ainsi que la perte de maitrise de l'information présentent aussi un risque.

 
Questions d'avenir

La marge de progression dans le sport et la santé est énorme, mais des enjeux éthiques restent en suspens: veut-on encore pousser le corps plus loin ? Va-t-on vers l'humain augmenté ?
 
Prochainement, Patrick Flaction souhaite intégrer l'intelligence artificielle dans ses plans d'entrainement. Ce qui est fondamental pour lui, c’est que grâce à l’application qu’il utilise, il peut enfin parler de ce qu'il voit de son œil d'expert, mais en s'appuyant sur des faits concrets. Cela permet de légitimer son feeling !



Propos recueillis le 26 janvier 2018 lors de la Conférence TechnoArk de Sierre
 

 

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